Grand âge et autonomie : les aidants au cœur des préoccupations

Les aidants sont au cœur de l’actualité sociale et suscitent l’intérêt des pouvoirs publics qui voient en eux un relais indispensable et complémentaire des aides professionnelles. La nécessité de préserver les proches aidants est devenue prégnante et leur rôle fondamental est mis en exergue par le rapport de Dominique Libault, Président du Haut Conseil du financement de la protection sociale. Rendu le 28 mars 2019, ce rapport fait suite à la concertation « Grand Age et Autonomie » lancée en octobre 2018 par la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn. Ayant pour but de préparer le projet de loi sur la réforme de la prise en charge de la dépendance, ses propositions étaient très attendues.

Trois générations se promènent ensemble

Être proche aidant, entre contrainte et solidarité

La solidarité est l’une des valeurs fondamentales de la famille et de notre société. S’il est naturel d’aider un proche, il est difficile de concilier vie professionnelle et vie familiale lorsque l’on devient proche aidant. Plus qu’un devoir, le soutien à l’un de ses proches en situation de dépendance peut s’avérer contraignant et générer des situations d’épuisement.

Reconnaissance du statut de proche aidant par la Loi relative à l’Adaptation de la Société au Vieillissement du 29 décembre 2015 :

Code d’action sociale et des familles Art. L. 113-1-3. « Est considéré comme proche aidant d’une personne âgée son conjoint, le partenaire avec qui elle a conclu un pacte civil de solidarité ou son concubin, un parent ou un allié, définis comme aidants familiaux, ou une personne résidant avec elle ou entretenant avec elle des liens étroits et stables, qui lui vient en aide, de manière régulière et fréquente, à titre non professionnel, pour accomplir tout ou partie des actes ou des activités de la vie quotidienne. »

Évitez l’épuisement grâce aux solutions de répit et à l’aide aux aidants

Les proches aidants sont des « colosses aux pieds d’argile » dont l’équilibre est précaire. Il est nécessaire de soutenir l’édifice « aidant/aidé ».  Comment éviter l’épuisement physique et psychologique ? Plusieurs solutions s’offrent à vous :

  • Accueil de jour ou accueil de nuit en EHPAD : ce mode d’accueil est préconisé dans le cadre des pathologies neurodégénératives telles que la Maladie d’Alzheimer.
  • Hébergement temporaire en établissement 
  • Séjours adaptés grâce aux villages Vacances Répit Familles
  • Baluchonnage 
  • Halte répit Alzheimer : accueil en journée ou demi-journée des aidants et aidés afin de proposer activités et soutien psychologique.
  • Café des aidants : lieu d’écoute et de convivialité dédié aux aidants.
  • Accueil familial : il est possible de faire appel à des aidants familiaux bénéficiant d’un agrément délivré par le Conseil départemental.
Bienveillance intergenerationnelle

L’objectif de ces solutions est de permettre d’accompagner la personne âgée tout en étayant son proche aidant qui pourra prendre du temps pour lui. L’épuisement de l’aidant peut conduire à une hospitalisation ou à la fragilisation de son état de santé. La prévention de ces situations est un facteur de réussite du maintien à domicile et un gage de bien-être des aidés autant que des aidants. De même, les actions de formation à destination des proches aidants permettent la transmission de savoir-faire, de bonnes pratiques dans le souci de mieux accompagner les seniors tout en préservant la santé des aidants.

Droit au répit, aides financières et congés possibles

La prise en compte des impératifs financiers induits par la gestion quotidienne d’un proche dépendant ou malade est indispensable. Des compensations et aides financières peuvent être consenties :

  • Devenir aidant familial salarié : Il est possible d’être salarié du proche que l’on aide (sauf conjoint, époux ou partenaire PACS). Les proches aidants ne pouvant être salariés peuvent recevoir un dédommagement (somme plafonnée).
  • Droit au répit : créé par la Loi ASV, il permet de solliciter une aide financière complémentaire destinée à la prise en charge d’une solution de répit (hébergement temporaire, accueil de jour ou de nuit…). L’aide peut être sollicitée lorsque le plafond du plan d’aide de l’APA est atteint. Ce droit au répit devrait être renforcé par la future « Loi Autonomie » qui verra le jour fin 2019.
  • Congé de proche aidant : non rémunéré et limité à 3 mois par an, renouvelable dans la limite d’un an, il permet aux salariés du secteur privé de suspendre ou réduire leur activité professionnelle. La rémunération de ce congé fait partie des propositions établies lors de la Concertation « Grand Age et Autonomie ».
  • Congé de solidarité familiale : dans les cas de pathologies graves où le pronostic vital de la personne est engagé, il est possible pour l’aidant familial de bénéficier d’un congé d’une durée maximale de 3 mois renouvelable une fois et d’une allocation journalière d’accompagnement d’une personne en fin de vie versée par la Sécurité sociale.
un couple se repose sur la plage

Où trouver un soutien et des renseignements ?

  • CLIC et Points d’accueil de proximité et d’information pour les personnes âgées 
  • Maisons des Ainés et des aidants (M2A). Ce dispositif d’information, d’orientation et d’appui s’adresse aux seniors en perte d’autonomie et aux aidants. La future « loi Autonomie » fera de ces lieux des guichets uniques pour aidants et aidés.
  • Services sociaux : de votre commune (Centre Communal d’Action Sociale) ou de l’hôpital où est hospitalisé votre proche. Les services sociaux d’entreprise ou de votre ministère peuvent vous soutenir. Certaines mutuelles proposent un accompagnement social.
  • Caisse Primaire d’Assurance Maladie : des prestations extra-légales peuvent être attribuées.
  • Associations de soutien aux malades telles que France Alzheimer, Ligue contre le cancer….

L’aide aux aidants, pilier de l’accompagnement des seniors

La future « Loi Autonomie » devra renforcer les dispositifs d’aide aux aidants déjà mis en œuvre ces dernières années afin de permettre un accompagnement personnalisé des seniors. Soutenir les proches aidants en leur accordant davantage d’aides et de reconnaissance, valoriser aidants professionnels et familiaux sont autant d’enjeux des politiques publiques en faveur de nos ainés. Si l’on s’appuie sur les aidants, il est indispensable de leur apporter le soutien dont ils ont cruellement besoin. Nous attendons avec impatience les évolutions législatives dans ce sens !

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