Les thérapies non-médicamenteuses face à la Maladie d’Alzheimer

La Maladie d’Alzheimer, pathologie neurodégénérative, touche environ un million de personnes en France. À l’heure où les traitements des symptômes de la maladie ne sont plus remboursés par les caisses primaires d’assurance maladie, et afin de limiter la prise des médicaments des personnes âgées, des alternatives thérapeutiques se développent. L’objectif de ces approches non-médicamenteuses : soulager les conséquences de la maladie d’Alzheimer.

Améliorer la qualité de vie des personnes malades

La maladie d’Alzheimer entraîne une altération des facultés cognitives et incidemment la qualité de vie des patients. La détérioration progressive de la mémoire et des capacités intellectuelles nécessite une prise en charge adaptée, que ce soit à domicile ou en établissement. Il n’existe pas à proprement parler de traitement curatif. Certains médicaments atténuent les symptômes de la pathologie, notamment les troubles du comportement. Des alternatives aux médicaments se développent et placent l’humain au cœur de l’accompagnement.

Une fille avec sa mère assise dans un fauteuil regardent par l’extérieur de la maison.

Perte de la mémoire, désorientation temporo-spatiale, angoisses ou encore troubles de l’humeur sont autant de désordres liés à la maladie. Dès le diagnostic, il est important d’apporter un soutien aux patients et à leur entourage. Evaluer chaque personne, ses besoins, ses souhaits, ses capacités permet de conduire des actions adaptées. Cette évaluation, permet de mettre en place un projet individualisé.

Des ateliers pour favoriser la mémoire

La perte de la mémoire est un trouble significatif de la maladie d’Alzheimer. Elle peut néanmoins être ralentie au moyen d’ateliers mémoire qui favorisent la concentration, l’attention et les liens sociaux. Exercices ludiques, échanges sur la vie passée, le quotidien favorisent la confiance en soi. De nombreux malades s’isolent face à leurs difficultés et se sentent très angoissés. L’estime de soi, le bien-être sont essentiels et participent au maintien des capacités des malades. Les ateliers de réminiscences sont aussi utilisés par les thérapeutes au moyen d’objets destinés à évoquer des souvenirs. Ces activités peuvent être développées dans les accueils de jour, mais aussi dans les EHPAD.

Stimuler les facultés sensorielles

La mémoire n’est pas constituée que de souvenirs, elle est aussi basée sur les cinq sens. Les objectifs des thérapies non-médicamenteuses : éveiller ou réveiller la mémoire olfactive, le toucher, l’ouïe, la vue, le goût. Parmi les méthodes utilisées, on peut citer l’art thérapie, la musicothérapie, le jardinage, la cuisine, la zoothérapie ou médiation animale. Les capacités des personnes âgées sont valorisées afin de diminuer le sentiment d’échec. Les approches sont multiples et sont fonction des appétences de chacun ! C’est la raison pour laquelle il est important de bien connaitre la personne âgée afin de proposer des thérapies adaptées.

Deux regards côte à côte d'une grand mère et de sa petite fille.

Par les centres d’intérêt du patient, ses capacités, ses habitudes de vie, les thérapeutes appliquent la pédagogie Montessori. Créée en 1907, cette méthode permet de maintenir les capacités et l’autonomie du senior.

L’Humanitude et la Méthode Gineste-Marescotti

La philosophie de l’Humanitude est née il y a 30 ans et ses préceptes sont repris dans de nombreux établissements d’hébergement pour personnes âgées labellisés. L’Humanitude a été créée par deux anciens professeurs d’éducation physique, Yves Gineste et Rosette Marescotti et met en exergue le « prendre soin » et l’humain. Les formations dispensées par l’institut Gineste-Marescotti prônent des méthodes de soin basées sur le regard, le toucher, la parole et la verticalité. L’accompagnement des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer favorise les échanges et leur redonne une dignité.

Logo du label humanitude, gage de bientraitance.

Face à l’évolution de la maladie et aux troubles du comportement qui y sont liés, l’Humanitude permet de limiter la prise de traitements lourds. La contention physique ou chimique est de fait moins utilisée et des liens de confiance s’établissent entre professionnels et personnes âgées.

L’approche Snoezelen

De nouveaux moyens techniques sont mis à la disposition des équipes dans les établissements médicalisés pour faire face aux troubles du comportement ou aux situations de crise. Les espaces Snoezelen proposent des expériences multisensorielles dans des espaces dédiés au sein desquels tous les sens sont sollicités. Lumière tamisée, musique douce et massages avec huiles essentielles permettent d’apaiser les personnes âgées.

L’approche Snoezelen est une méthode d’accompagnement basée sur le « prendre soin » qui se développe de plus en plus dans les établissements gériatriques. Elle est également utilisée en psychiatrie, dans les établissements pour personnes handicapées et auprès des enfants.

Décoration Snoezelen en fibre optique.

Des médiations qui devraient s’étendre au domicile

Si de nombreuses thérapies se multiplient en établissement d’hébergement, il apparaît essentiel d’étendre ces méthodes au domicile et de former les proches aidants à certaines thérapies afin de favoriser un mieux-être des patients et de leur entourage. L’accompagnement des aidants et des aidés est un enjeu de taille dans le cadre du maintien à domicile des malades d’Alzheimer afin de limiter la déambulation nocturne, l’agressivité, l’angoisse et retarder l’entrée en institution tout en garantissant une qualité de vie à chacun.

Rédaction : Géraldine LB

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